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lundi, août 22, 2016

LA LIBERATION DES PRISONNIERS POLITIQUES EN REP. DEM. DU CONGO

http://m.lalibre.be/actu/international/rdc-une-amnistie-qui-ne-passe-pas-57b7825835704fe6c1dc22c9
 
Ce vendredi, le président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, comme il l'avait annoncé voici quelques jours, a libéré des prisonniers politiques pour tenter de « décrisper » la tension politique en rencontrant une des demandes formulées par le Rassemblement de l'opposition.
Mais la liste des prisonniers concernés par ce « geste de bonne volonté » n'est pas vraiment du goût des opposants qui ne retrouvent pas dans cette liste, notamment, les noms de Diomi Ndongala et de de Jean-Claude Muyambo, deux prisonniers politiques incarcérés de longue date à Kinshasa.
Pour les membres du collectif pour la Lutte pour le Changement (Lucha), devenu un des symboles du combat contre la tentative de Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir, ce geste présidentiel « n'est absolument pas satisfaisant », écrivent-ils dans un communiqué.
« Joseph Kabila se moque de nous », nous explique un membre de ce mouvement. « La liberté provisoire dont bénéficieront Fred Bauma et Yves Makwambala (deux figures centrales de ce mouvement) est une mesure carrément fantaisiste! Une cessation des poursuites serait mieux indiquée. Kabila a reconnu qu'on n'était pas des terroristes. De ce fait, toutes les accusations devraient tomber contre Yves et Fred. La liberté provisoire n'a donc pas de sens. Le pouvoir veut, par cette demi-mesure, les tenir en laisse en gardant la possibilité de rouvrir le dossier à tout moment.C'est évidemment tout à fait inacceptable »
L'opposition congolaise dans sa quasi totalité pointe un doigt accusateur en direction du ministre de la Justice, Alexis Thambwe. Pour la Lucha, ce ministre « n'a tout simplement pas respecté la parole du Chef de l'Etat. Joseph Kabila a donné sa parole d'honneur en promettant la libération de tous les membres de la Lucha à Kinshasa. Or, nous constatons que seuls deux ont été libérés et encore de manière provisoire, tandis que 4 autres croupissent toujours dans les geôles de Kinshasa. ».
Des libérés... déjà libérés
Autre élément à charge du ministre de la Justice de la RDC, le fait que la plupart des prisonniers qui bénéficient de cette amnistie avaient déjà été libérés. « Sur les 26 noms qui bénéficient de cette largesse, 20 au moins avaient déjà quitté la prison », explique un membre de la Dynamique de l'opposition congolaise. Pour la Lucha, cette « erreur démontre à souhait soit la volonté de se moquer de nous, soit la méconnaissance coupable du ministre de la Justice, ce qui serait encore bien plus grave. Seuls quatre détenus d'opinion (Christopher Ngoy, Jean Marie Kalondji, Yves Makwambala et Fred Bauma) sont encore en prison. Les autres sont des hommes libres ».
Le « geste de bonne volonté » de Joseph Kabila ne fait donc finalement qu'accroître la colère de l'opposition et des mouvements citoyens congolais.
« Ces libérations étaient un des prérequis pour que nous acceptions de participer au dialogue national inclusif qui doit permettre d'aller vers des élections apaisées. Un des prérequis qui ne nous satisfait pas et nous espérons que la communauté internationale qui est très attentive à la situation en RDC ne se laissera pas berner par ce geste », explique un autre opposant. « Joseph Kabila et son ministre de la Justice ne font que jeter de l'huile sur le feu. Ils savent que nous ne pouvons pas être satisfaits par ces libérations qui n'en sont pas, mais ils espèrent que les parrains internationaux du dialogue se .laisseront gruger. La situation ne fait que s'envenimer.»
Tous fixent rendez-vous le 20 septembre pour « une grande démonstration de force si rien n'évolue vraiment d'ici là et si, surtout, la Commission électorale nationale indépendante ne convoque pas la présidentielle le 19, comme le prévoit la Constitution», met en garde un des leaders de la Dynamique. « Nous savons que ces pseudo libérations doivent surtout servir à permettre à certains pseudos opposants tentés par les promesses de postes alléchants et rémunérateurs d'entrer dans le dialogue dont la population congolaise ne veut pas entendre parler dans sa très grande majorité. »

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